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31/08/2026

« Elle est la femme qui a le mieux incarné les valeurs de la Révolution française » : pourquoi George Sand doit entrer au Panthéon

 

George Sand communiste.jpg

Jean-Claude Sandrier et Georges Buisson, à l’origine du projet, exposent ici, dans un entretien croisé, toutes les raisons qu’aurait la République de reconnaître enfin tous les mérites de cette grande personnalité en avance sur son temps, tant pour la cause des femmes que pour celle du peuple, sans oublier l’écologie, domaine dans lequel elle a été également une pionnière.

 

C’est au Berry, qu’elle aimait tant, qu’est née l’idée de la panthéonisation de George Sand. En novembre, un colloque organisé par les Amis de l’Humanité explorera toutes les raisons évidentes de cet hommage national définitif.

Pour en parler, nous interrogeons Jean-Claude Sandrier, qui a notamment été maire communiste de Bourges, conseiller général et du député du Cher, ainsi que Georges Buisson, qui a administré, dix ans durant, le fameux domaine de Nohant, où règne encore l’esprit de la grande romancière, qui fut en tous domaines en avance sur son temps.

Comment est née la proposition d’entrée de George Sand au Panthéon ?

Jean-Claude Sandrier

Membre du PCF, ancien député et Maire de Bouges

L’idée revient à Georges Buisson. Il l’avait lancée en 2004, pour le bicentenaire de la naissance de George Sand. Il l’a réitérée lors du cent cinquantième anniversaire de sa mort. Comme lui, je suis amoureux de George Sand. J’ai immédiatement soutenu la démarche. Georges m’a dit : « Toi, tu es un élu, tu peux servir à quelque chose ! » Je me suis chargé de mobiliser les élus du Cher et de l’Indre.

Georges Buisson

Ex-administrateur du domaine de Nohant

En 2004, je pensais que, comme pour Hugo, l’État consacrerait une année nationale à George Sand. Ce n’était pas dans la tête des décideurs de l’époque. D’où l’idée du Panthéon. Au XIXe siècle, deux grandes figures tutélaires dominaient la vie intellectuelle et politique : Victor Hugo et George Sand.

Quand Hugo est mort, les portes du Panthéon se sont ouvertes spontanément devant lui. Aujourd’hui, nous en sommes encore à argumenter sur le bien-fondé de voir George Sand le rejoindre. Le déséquilibre entre les hommes et les femmes au Panthéon est criant.

Que faut-il faire ?

Georges Buisson Tout dépend de la volonté du président de la République.

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Jean-Claude Sandrier Nous avons été reçus à l’Élysée, avec tous les élus du Cher et de l’Indre (parlementaires, les deux présidents des conseils départementaux, maires de Bourges et Châteauroux) par Bruno Roger-Petit. Il nous a assuré que George Sand remplissait tous les critères d’une entrée au Panthéon. Il nous a demandé de ne pas mettre en avant l’argument de la parité, ce qui nous a surpris. Apparemment, cela n’entre pas dans les critères définis par l’Élysée.

En quoi cette panthéonisation est-elle indispensable ?

Georges Buisson Elle répare une injustice. On a longtemps édulcoré sa personnalité et son œuvre. Ce n’est qu’à la fin du XXe siècle que son immense pensée politique a été pleinement reconnue, notamment grâce aux travaux de l’historienne Michelle Perrot.

Elle a été républicaine dès les années 1830 (plus précisément, dans La Revue des deux mondes en 1835) alors qu’Hugo était encore royaliste et pair de France. Elle s’est imposée dans un monde littéraire confisqué par les hommes. Par ses idées comme par sa manière de vivre, elle a ouvert des portes.

On découvre en profondeur la dimension proprement sociale et politique de George Sand en maints domaines…

Jean-Claude Sandrier Elle s’est battu toute sa vie pour les droits des femmes, le divorce, leur accès au travail et à l’écriture, y compris dans les journaux. On l’a insultée pour avoir déclaré que « l’honneur d’une femme vaut celui d’un homme ». Dès les Trois Glorieuses, à 26 ans, elle se dit républicaine, alors qu’une majorité est pour la royauté. Elle défend une République sociale et affirme : « J’ai la religion de l’égalité. »

Elle a une merveilleuse définition du communisme : « Je suis communiste comme on a été chrétien en l’an 50 de notre ère. » Elle était contre les curés mais croyante, avec une philosophie idéaliste. Elle parlait du « sans-culotte Jésus » ! Pour elle, ce qui compte, c’est la solidarité, la fraternité, l’émancipation.

Georges Buisson Son engagement passait aussi par son mode de vie. Elle va mener un combat pour l’indépendance, à une époque où le mariage est régi par le Code Napoléon. Première femme à vivre de sa plume, elle utilise le roman pour dénoncer les injustices. Indiana, Valentine ou Lélia traitent de la situation de la femme dans le mariage.

Elle est l’une des premières à dénoncer les violences faites aux femmes dans l’intimité du couple, à abandonner la notion de devoir conjugal et à introduire, avant la lettre, celle de consentement. Tous ses romans sont d’engagement. Elle est une véritable lanceuse d’alerte avant l’heure, sur les questions sociales et écologiques.

Jean-Claude Sandrier Dans le Péché de monsieur Antoine, elle dénonce un industriel qui accapare l’eau et détruit l’équilibre de la nature. C’est le premier roman où apparaît le mot « communiste ». En 1904, le premier roman que Jean Jaurès fait publier dans L’Humanité, c’est le Péché de monsieur Antoine. Le marquis du livre, l’homme le plus riche de la région, se dit communiste.

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17:59 Publié dans Biographie, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : george sand, le pantheon | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook |

31/08/2013

George SAND : "Ma profession est la liberté"

sandg1.jpgSand Amandine Lucie Aurore Dupin, baronne Dudevant, dite George femme de lettres française née à Paris le 1er juillet 1804 et décédée à Nohant le 8 juin 1876.

Oeuvres principales : La Mare au diable (1846), François le Champi (1847-1848), La Petite Fadette (1849), Les Maîtres sonneurs (1853),....

Fille d'un officier de l'Empire, arrière-petite-fille du maréchal de Saxe, Aurore Dupin fut élevée par sa grand-mère dans la propriété familiale de Nohant (Berry).

Mariée à dix-huit ans au baron Dudevant, elle aura de lui deux enfants, mais le quittera en 1831 pour s'installer à Paris et mener une vie libre et indépendante. Elle côtoie les milieux littéraires et fait scandale par sa prétention à gagner sa vie en écrivant, et par ses liaisons successives, notamment avec Jules Sandeau (qui lui inspire son pseudonyme), Alfred de Musset puis Frédéric Chopi

1. Une enfant frustrée

sand1.jpgAurore Dupin naît à Paris, au n°15 de la rue Meslay, le 1er juillet 1804. Son père, aide de camp du prince Murat, accompagne celui-ci lors de l’expédition d’Espagne. Il vient tout juste d’épouser en cachette de sa mère, Sophie Delaborde, fille du peuple, rencontrée à l’armée d’Italie où elle suivait un adjudant-général.

Au mois d’avril 1808, Sophie Delaborde, sa femme, et sa fille le rejoignent à Madrid. Dès l'été suivant, la famille Dupin est de retour en France, dans la propriété familiale de Nohant appartenant à Mme Dupin mère, fille naturelle du maréchal Maurice de Saxe et donc née Marie-Aurore de Saxe. Le 16 septembre de la même année, Maurice Dupin fait une chute de cheval mortelle.

L’enfant est alors confiée à sa grand-mère, qui s'en voit confiée officiellement la tutelle par sa belle-fillle le 28 janvier 1809. Elle grandira donc dans l’Indre, effectuant quelques séjours à Paris auprès de sa mère.

La grand-mère paternelle, qui détient la fortune, élèvera l’enfant, mais exige que Sophie se tienne à l’écart. Frustration déchirante, qui inspirera à Aurore ses premières rébellions. Elle aura pour compensation dix années d’enfance campagnarde, à Nohant, au fond du Berry dont elle s’imprègne et qu’elle décrira si poétiquement plus tard.

Pensionnaire de 1818 à 1820 dans un couvent parisien, elle y traverse une crise de mysticisme.

Revenue à Nohant avec sa grand-mère dont la santé et l’esprit déclinent, Aurore, presque livrée à elle-même, complète son instruction par la lecture, en particulier se prend de passion pour J.-J. Rousseau.

Mue par son aversion pour sa belle-fille, Mme Dupin de Francueil révèle à l’adolescente bouleversée la vie peu édifiante de Sophie: ce choc brutal aura de profondes répercussions.

Sa grand-mère meurt à la fin de 1821, et Aurore reste peu de temps sous la coupe de sa mère: elle se marie en septembre 1822 avec Casimir Dudevant, bâtard (reconnu) d’un colonel.

Cette union est un échec, malgré la naissance de deux enfants, Maurice venu au monde le 30 juin 1823 et Solange quelques années plus tard, le 18 octobre 1828. Celle-ci d’ailleurs est peut être la fille de Stéphane Ajasson de Grandsagne, un jeune noble des environs, collaborateur du baron Cuvier au Museum, avec lequel Aurore a eu une liaison de quelques mois.

À ce mariage succède une demi-rupture, par consentement mutuel: Mme Dudevant, dûment autorisée, va passer une partie de l’année à Paris. Elle y mène une vie assez libre, s’essaie au journalisme à Figaro (Le Canard enchaîné de l’époque) et à la littérature.

2. Naissance de George Sand

-Révolte féministe et sociale

Après un premier roman écrit en collaboration avec Jules Sandeau et signé Jules Sand (Rose et Blanche, 1831) maladroit mais intéressant début. Les suivants, elle les signera seule, du pseudonyme George Sand: c’est Indiana (1832), qu’une rumeur admirative accueille, Valentine (1832), dont les descriptions enchantent Chateaubriand.

George Sand fait bien froncer quelques sourcils, car elle se pose en défenseur de la femme, plaide pour le droit à la passion, attaque le mariage et la société opprimante. Mais, dans l’ensemble, la critique est très favorable, vantant le style, le don d’observation, l’analyse psychologique. Sainte-Beuve remarque le premier un souci de réalisme qui place les personnages dans «un monde vrai, vivant, nôtre». Ainsi commence une carrière féconde de romancière.

Elle fait la rencontre d’Alfred de Musset en juin 1833, lors d'un dîner qui réunit les collaborateurs de La Revue. Quelques semaines plus tard, il devient son amant. Ensemble, ils partent, le 12 décembre suivant, dans la malle-poste pour un voyage romantique à destination de l’Italie. En compagnie de Stendhal - qui rejoint Civitavecchia et son poste de consul, Sand et Musset descendent la vallée du Rhône en bateau avant de s’installer, le 1er janvier 1834, à l’Hôtel Alberto Reale Danieli à Venise. Musset tombe alors gravement malade.

Au mois de juillet, Georges Sand quitte enfin Venise après un séjour idyllique et passionné, assombrie cependant par les tromperies réciproques. La fin de l’année est d’ailleurs faite de ruptures et de réconciliations entre Alfred de Musset et George Sand. Celle-ci entretient une liaison avec un autre amant, le médecin italien Pagello qui avait soigné l’écrivain pour sa dysenterie à Venise. La séparation est inévitable.

1838-1839: George, qui est devenue la maîtresse de Chopin, entreprend avec lui et ses enfants le voyage de Majorque, qui fera autant de bruit que celui de Venise.

À Valldemosa, elle termine le curieux roman de Spiridion, qui, inspiré par les idées de Lamennais et de Pierre Leroux, agite les graves questions de la foi et du doute, et influencera fortement Renan.

3. L’engagement politique

sandlogo.jpgBuloz prétendant limiter sa liberté d’expression, Sand se brouille avec lui, fonde La Revue indépendante, prend une position de plus en plus engagée, affiche des opinions ardemment démocratiques, va jusqu’à se dire «communiste».

Elle publie Horace (1841), le grand cycle de Consuelo (1842-1844), fresque immense et foisonnante, et ses romans dits socialistes, qui posent au siècle des questions qu’il n’a pas résolues sur la propriété, les rapports du capital et du travail, les associations de travailleurs.

La grande idée du progrès moral de l’humanité domine son œuvre. Elle est liée avec la plupart des têtes pensantes de la démocratie (Leroux, Barbès, Blanc, Lamennais, Cavaignac), avec des révolutionnaires étrangers (Mazzini, Bakounine). Elle patronne les écrivains prolétaires de qui elle attend un renouvellement et un enrichissement de la littérature. Aussi accueille-t-elle les journées de février 1848 avec enthousiasme.

Elle se lance dans l’action, fonde un journal, rédige de nombreux écrits de propagande, conseille Ledru-Rollin dans la coulisse. Mais les journées de Juin vont casser les ailes à son beau rêve de république «dure et pure».

Avec l’échec de la manifestation du 15 mai 1848 et les Journées de Juin, celle-ci est bientôt de retour dans la propriété familiale de Nohant, quittant définitivement la scène politique.

Littérature champêtre

george sand,biographie,nohant,chopinProfondément désabusée, elle se réfugie à Nohant. La réaction ayant le dessus, la presse est muselée. Sa rupture avec Chopin et l'échec de la révolution de 1848 incitent celle qui va devenir " la bonne dame de Nohant " à se retirer sur ses terres berrichonnes.

Elle écrit alors la partie la plus célèbre de son œuvre, la série des romans optimistes et bucoliques où s'expriment avec justesse et simplicité sa sympathie pour les paysans, sa confiance dans la nature et son attachement à sa terre natale : La Mare au diable (1846), ou l'amour d'un fermier veuf pour une bergère ; La Petite Fadette (1849), ou l'attrait d'un paysan pour une sauvageonne que les villageois soupçonnent de sorcellerie ; François le Champi (1850), ou l'idylle d'un enfant trouvé et d'une jeune meunière ; Les Maîtres sonneurs (1853), ou l'histoire d'un joueur de cornemuse que sa passion pour la musique contraint à la solitude.

Dans les années qui suivent, l’œuvre de George Sand change d’aspect. Délaissant désormais les romans champêtres, elle s’inspire de ses souvenirs italiens avec La Daniella publié au mois de janvier 1857. L’écrivain poursuit également la rédaction de ses Histoires de ma vie commencées en 1854. Paraît ensuite, à partir du 1er octobre 1857, un grand roman de cape et d’épée intitulé Ces Beaux messieurs de Bois-Doré mais aussi Elle et lui, du 15 janvier au 1er mars 1859 dans La Revue des Deux-Mondes.

Cette dernière œuvre est un hommage à l’amour passionné qui l’avait saisi au temps de sa liaison avec Alfred de Musset, récemment disparu. George Sand se consacre également à la publication de pièces de théâtre.

L’écrivain effectue quelques voyages en province au cours de ces années. Un séjour en Auvergne lui inspire Jean de la Roche en 1859 puis Le Marquis de Villemer, une aimable idylle mondaine publiée le 15 juillet de 1860. C’est alors que pendant l’automne 1860 George Sand est atteinte d’une grave crise de maladie. Aussi passe t-elle quelques temps à Tamaris, près de Toulon, au printemps 1861. C’est d’ailleurs le titre d’un roman provençal publié peu après.

Vient ensuite Mademoiselle La Quintinie, une œuvre violemment anticléricale rédigée en 1863, qui suscite de violentes réactions dans l’opinion. L’année suivante, l’écrivain et son compagnon Alexandre Manceau décident de s’installer à Palaiseau.

Le 18 février 1865 paraît une deuxième œuvre inspirée du cadre provençal, La Confession d’une jeune fille. George Sand effectue ensuite un séjour à Croisset auprès de Gustave Flaubert avec lequel elle entretient une correspondance depuis le mois de janvier 1863. L’écrivain, qui autrefois avait apporté son aide aux proscrits du 2 décembre, participe d’ailleurs en sa compagnie aux " dîners Magny " où se retrouvent Ernest Renan, Charles Augustin Sainte-Beuve et les frères Jules et Edmond de Goncourt.

Se succèdent ensuite de nouveaux textes parmi lesquels des Contes d’une grand-mère qu'elle destine à ses petites filles, le premier volume paraissant le 15 novembre 1873.

George Sand décède le 8 juin 1876 à Nohant d’une occlusion intestinale jugée inopérable. Le 10 juin suivant ont lieu ses obsèques en présence de son ami Flaubert, d’Alexandre Dumas fils et du Prince Napoléon venus de Paris. L’écrivain est inhumé dans la propriété familiale.

 

 

George Sand est un coeur lumineux, une belle âme, un généreux combattant du progrès, une flamme dans notre temps.

C'est un bien plus vrai et bien plus puissant philosophe que certains bonshommes plus ou moins fameux du quart d'heure que nous traversons. - Victor Hugo

Voir aussi une page web consacrée à George Sand

george sand,biographie,nohant,chopinCITATIONS DE GEORGE SAND

“ La vie est une longue blessure qui s’endort rarement et ne se guérit jamais ”

“ Pourquoi voyager quand on n’y est pas forcé ? C’est qu’il ne s’agit pas tant de voyager que de partir. ”

“ Pour moi, ma chère maman, la liberté de penser et d’agir est le premier des biens.”

"Notre vie est faite d'amour et ne plus aimer, c'est ne plus vivre"

"La tyrannie, la jalousie et la violence sont toujours des marques de faiblesse "

"Jamais la guerre ne sera un instrument de vie, puisqu'elle est la science de la destruction. Croire qu'on peut la supprimer n'est pas une utopie"

"J'ai un but, une tâche disons le mot, une passion. Le métier d'écrire en est une violente et presque indestructible"

"Il n y a pas de bonheur dans l égoïsme"

"Ma profession est la liberté"

"La vie est un voyage qui a la vie pour but"

19:22 Publié dans Biographie, Livre, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citations, george sand, biographie, nohant, chopin | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook |