14/04/2013
Histoire du Château de Versailles
Après avoir acheté la seigneurie de Versailles (actuel quartier du Vieux-Versailles), Louis XIII se rendit propriétaire de la garenne voisine, réserve de chasse concentrée sur une butte autour de quelques moulins. Il y fit élever un pavillon de chasse en 1624, élargi peu après mais qualifié de « château de cartes » par ses contemporains, en raison de sa modestie. Le roi mourut prématurément et Versailles retomba dans l’oubli.
L'Oeuvre de Louis XIV
Ce n’est que dans les années 1660 que le jeune Louis XIV commença à illustrer Versailles de sa présence, à y engager des travaux et à y donner des fêtes. La 1ere campagne de travaux, dirigée par l’architecte Louis Le Vau, vit la construction de communs du côté de la ville (actuelle « aile ancienne » et son ancien vis-à-vis, remplacé depuis par l’aile Gabriel) et le début de l’aménagement des jardins par André Le Nôtre. Après quoi fut entreprise la fameuse « enveloppe » autour du château vieux, qui modifia complètement l’aspect du château du côté des jardins, lui donnant une allure italianisante, alors en vogue. De nouveaux bâtiments furent construits pour les communs (actuelles ailes des ministres), les précédents étant dès lors reliés au château et réaménagés pour les besoins du roi.
Mais les travaux les plus considérables lancés par le Roi-Soleil furent entrepris en 1678, lorsqu’il eut pris la décision de faire de Versailles le siège de son gouvernement. Jules Hardouin-Mansart, premier architecte du roi, dirigea alors la construction de l’étincelante galerie des glaces, décorée sous la direction de Charles Le Brun. Le château prit alors son allure définitive avec la construction des ailes sud et nord destinées à loger les princes et les courtisans, tandis que les « dehors » sortaient de terre : écuries royales autour de la place d’armes, Grand Commun pour les services « de la Bouche », somptueuse Orangerie ... Les travaux n’étaient pas encore achevés que la cour s’installait, le 6 mai 1682. L’actuelle chapelle du château ne fut quant à elle construite et décorée que de 1699 à 1710, et servit davantage à Louis XV et Louis XVI qu’à son commanditaire.
Les travaux de Louis XV et Louis XVI
Par la suite, les travaux engagés sous Louis XV et menés par Jacques-Ange Gabriel concernèrent surtout les aménagements intérieurs, aboutissant à la création des décors raffinés des petits appartements, mais aussi du salon d’Hercule et surtout de l’admirable Opéra. C’est à la même époque que le roi fit édifier le Petit Trianon, non loin du Grand Trianon qu’avait voulu le Roi-Soleil pour se reposer des fastes de la vie de cour.
Louis XV avait le même désir, doublé d’un intérêt passionné pour les sciences qui donna naissance à un jardin botanique renommé, remplacé depuis par le jardin anglais de Marie-Antoinette. Cette reine, qui se passionna à son tour pour ce domaine enchanteur, y fit construire un peu plus tard un ravissant théâtre et aménager un village normand, dit depuis le Hameau de la reine (architecte : Richard Mique). Les finances du royaume allaient bien mal alors, et le roi Louis XVI pour sa part limita les travaux au château qui subit peu de modifications sous son règne.
Sous la Révolution Française
La Révolution française aurait pu nuire considérablement à l’emblème de la monarchie absolue qu’était devenu Versailles. Mais la présence d’un nombreux personnel puis l’affectation du château à l’Ecole Centrale du département permirent d’éviter le pire. Le parc fut néanmoins mis en culture, les cours dépavées et les insignes de la monarchie bûchés, tandis que le mobilier était dispersé.
Sources : office du tourisme
18:53 Publié dans Châteaux, Monuments, Révolution | Lien permanent | Commentaires (0) | |
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10/04/2013
DIDEROT : L'OMBRE DE LA REVOLUTION
Diderot Denis, Philosophe et écrivain français (Langres 1713 - Paris 1784).
« Je permets à chacun de penser à sa manière, pourvu qu’on me laisse penser à la mienne »
Issu de la bourgeoisie provinciale et destiné à une carrière ecclésiastique, il étudie la théologie chez les Jésuites et reçoit la tonsure. Il abandonne cependant bientôt cette voie pour mener à Paris une vie de bohème et suivre des cours de droit et de philosophie. Maître ès arts de l'université de Paris, c'est par des travaux de traduction qu'il entre en contact avec les milieux littéraires, et en 1746 le libraire Le Breton lui confie la traduction et l'adaptation de la Cyclopaedia de l'Anglais Chambers.
Diderot en propose, avec d'Alembert, une édition originale, plus complète et plus ambitieuse : ce sera L'Encyclopédie, dont il assumera pendant près de vingt ans la direction. Cette tâche de synthèse des connaissances humaines, menée dans l'esprit de la philosophie des Lumières, le placera au centre du débat d'idées qui agite le XVIIIe siècle ; elle lui vaudra également nombre de déboires matériels, des condamnations et d'incessantes tracasseries administratives.
L'œuvre de Diderot sera en grande partie éditée de façon anonyme, diffusée semi-clandestinement et publiée après sa mort. Philosophe, Diderot passe du déisme des Pensées philosophiques (1746), qu'il conçoit comme une réponse aux Pensées de Pascal, au matérialisme athée de la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient (1749), qui, jugée subversive, lui vaudra quelques mois de détention à Vincennes au cours desquels il recevra la visite de Jean-Jacques Rousseau.
De l'interprétation de la nature (1753) et Le Rêve de d'Alembert (1769) développent ses conceptions sur la physique, opposées au matérialisme mécaniste d'Helvétius, et sur la morale sociale et individuelle.
Homme de théâtre, Diderot est également le créateur d'un nouveau genre, le drame " bourgeois ", théâtre moralisateur et sentimental, illustré par des pièces comme Le Fils naturel (1757) ou Le Père de famille (1758). Il écrit aussi un essai sur le jeu des acteurs : Le Paradoxe sur le comédien (1773). Simultanément, en peinture, admirateur de Greuze, Joseph Vernet, Hubert Robert et Chardin, il mène une bataille tenace pour le renouvellement du goût et des critères esthétiques, tant dans ses Salons (de 1759 à 1781), dans lesquels il jette les bases de la critique moderne, que dans ses Essais sur la peinture (1765).
Romancier, Diderot laisse avec La Religieuse (1760), Le Neveu de Rameau et Jacques le Fataliste (1773) trois romans qui remettent en question la forme narrative - par l'utilisation du dialogue et celle du rapport entre le narrateur et le lecteur - et qui reprennent ses idées philosophiques sur la liberté humaine et la morale naturelle.
L'homme au cœur de l'œuvre
Mais c'est sans doute dans sa participation àL'Encyclopédie que Diderot a le mieux exprimé son génie. C'est à lui que cette œuvre gigantesque, à laquelle participèrent les esprits les mieux informés du temps, doit sa cohésion et sa vigueur.
Diderot nous apparaît ainsi comme le représentant de cette culture nouvelle qui a ouvert les voies à la Révolution française et qui a pour fondement le matérialisme en philosophie et la lutte contre l'absolutisme en politique.
Abandonnant l'esprit de système, le pédantisme et la rhétorique à ses ennemis, il livre une œuvre où les préoccupations sur l'homme, " terme unique auquel il faut tout ramener ", ne sont jamais absentes.
Journaliste, Diderot collabore à la Correspondance littéraire de Grimm. Il travaille également à un ouvrage contre l'esclavage et le colonialisme, l'Histoire des deux Indes, de l'abbé Reynal.
Sa liaison avec Sophie Volland nous a laissé une superbe correspondance et ses liens avec Catherine II de Russie le projet d'une encyclopédie russe abandonné.
REPERES
« Faite que le bien des particuliers soit si étroitement lié avec le bien général qu’un citoyen ne puisse presque pas nuire à la société sans se nuire à lui même »
1713 : Naissance le 5 octobre à Langres (Haute-Marne) dans une famille d’artisans aisés.
1726 : Etudes chez les jésuites.
1742 : Diderot se lie avec Jean-Jacques Rousseau et Grimm.
1746 : Le Parlement de Paris condamne l’œuvre de Diderot intitulée Pensées philosophiques à être brûlée en public.
1747 : Diderot, traducteur pour une maison d’édition, et d’Alembert codirigent l’Encyclopédie. Ces travaux l’absorbent pendant vingt ans.
1749 : Diderot est emprisonné à Vincennes pour sa Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient.
1759 : L’Encyclopédie est condamné par Rome et par le Parlement.
1760 : Diderot écrit la Religieuse.
1769 : Publication du rêve d’Alembert.
1784 : Mort à Paris le 31 juillet.
16:25 Publié dans Actualité, Biographie, Révolution | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diderot, l'encyclopédie, la révolution | |
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07/04/2013
ROBESPIERRE, L'INCORRUPTIBLE !
En 1789, les membres de la Constituante remarquent dans leurs rangs un député vêtu avec élégance, aux yeux clignotants derrière des besicles, à la dialectique un peu sèche. Maximilien de Robespierre ( né à Arras le 6 mai 1758) est arrivé à Versailles imbu des doctrines de Rousseau.
Issu d'unefamille de robins d'Arras, orphelin, jeune et pauvre, ce jeune avocat a fait de sérieuses études chez les Oratoriens de sa ville natale, puis comme boursier à Louis-le-Grand.
Elu député du Tiers, il réclame la liberté d'opinion, de presse, de réunion, et combat avec force le "veto royal".
Sous la Législative, il tente en vain, au club des Jacobins, de s'opposer à la déclaration de guerre. Depuis l'affaire de Varennes, ses principes révolutionnaires se sont durcis. S'il ne participe pas à la prise des Tuileries, il entre au conseil général de la Commune et réclame la déchéance du roi.
En septembre 1792, les Parisiens l'élisent à la convention : il siège avec la Montagne et se voit dénoncé par les Girondins comme aspirant dictateur. En réponse, il les fera évincer du club des Jacobins.
Pour régler le sort du roi, il propose une exécution par décret, sans jugement. Cependant, le procès aura lieu et il vote la mort. En même temps, il mène la lutte contre les Girondins, qui tombent le 2 juin. Les obstacles s'effacent devant Robespierre. Après avoir éliminé Danton du Comité de salut public, il y entre à son tour et en devient le véritable chef.
Estimant que le salut public exige un pouvoir dictatorial, il pousse à l'établissement d'un gouvernement révolutionnaire. Pour réaliser son idéal, toutes les rigueurs lui semblent légitimes et il mène la terreur, qui, accompagnée de la vertu, est seule capable de briser les complots. Ses collègues reconnaissent d'ailleurs son austérité de vie, son mépris de l'argent ( on le surnomme l'Incorruptible), sa clairvoyance politique, lui valent une immense réputation à Paris.
Robespierre demeure seul au pouvoir avec ses fidèles : Couthon, Saint-Just, son frère Augustin. Déiste, il crée le culte de l'Etre suprême, ce qui irrite les athées de la Convention. En juin, il fait voter la terrible loi du 22 prairial an II qui ouvre éal social. S'il accepte certaines mesures économiques, il n'admet pourtant pas les excès des "Enragés".
Il frappe successivement à gauche les hébertistes, à droite les "Indulgents", parmi lesquels Danton et Desmoulins ( mars-avril 1794). Cependant, les victoires républicaines ne paraissent pas justifier tant de rigueur. A la Convention, les intrigues se multiplient contre l'Incorruptible. Elles aboutiront à la journée du 9 Thermidor, qui verra la chute de Robespierre. Celui-ci sera guillotiné avec ses amis le 10 thermidor an II. ( 28 juillet 1794).
Henri Philippe Joseph Guillemin, né le 19 mars 1903 à Mâcon en Saône-et-Loire, Bourgogne) et mort le 4 mai 1992 à Neuchâtel en Suisse, est un historien, critique littéraire, conférencier et polémiste français reconnu pour ses talents de conteur historique et pour ses travaux sur les grands personnages de l'histoire de France.
Il est aujourd'hui encore critiqué ou admiré pour son honnêteté vis-à-vis de l'histoire et pour ses révélations sur certaines grandes personnalités (notamment Napoléon Bonaparte, Philippe Pétain, Jeanne d'Arc, Jean-Jacques Rousseau, etc.) et certaines grandes affaires de l'histoire française (l'Affaire Dreyfus par exemple).
15:25 Publié dans Biographie, Révolution, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : robespierre, révolution française, vidéo | |
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