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20/08/2018

Claudia Jones, une femme noire, communiste, militante... et oubliée

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Née dans les Caraïbes, émigrée aux Etats-Unis puis exilée à Londres, cette militante pour les droits civiques est enterrée à Londres à gauche de Karl Marx.

Quartier paisible du nord de Londres, Highgate n’accueille que peu de touristes. Ces derniers mois, ceux qui grimpaient la colline pour accéder au «village» venaient principalement pour visiter le mausolée de fortune de George Michael, une des nombreuses célébrités à résider dans le coin, tout comme Kate Moss ou Jude Law. Décédé le jour de noël 2016, le chanteur est enterré au cimetière d’Highgate, petit Père-Lachaise victorien qui abrite aussi les dépouilles du guitariste Bert Jansch, de Malcolm McLaren, le manager des Sex Pistols et une pierre tombale imposante sur laquelle trône une gueule de marbre aussi hirsute que grandiose: celle de Karl Marx.

Inhumé en 1883, l’auteur de Das Kapital inaugurait alors le «communist corner», ultime résidence de plusieurs personnalités inspirées par ses écrits. Sur sa gauche, le touriste ignore souvent une plaque plus sobre, qui porte le nom de Claudia Vera Jones.

Descendante d’esclaves, Claudia Vera Cumberbatch naît le 15 février 1915 à Belmont. Une banlieue au pied d’une colline du nord-est de Port-d’Espagne, sur l’île de Trinidad, à 7.500 kilomètres de la Rhénanie natale de son compagnon d’éternité. Aujourd’hui, l’actuelle capitale de Trinité-et-Tobago est le centre économique d’une des nations les plus prospères des Caraïbes.

Dans les années 1910, les parents de Claudia font face, comme toute la région, à la chute du cours du cacao, impacté par la Première Guerre mondiale. En 1924, pour échapper à la misère, la famille Cumberbatch grimpe dans un bateau direction New York City. Or, dans le quartier d’Harlem, en pleine Grande Dépression, les conditions de vie ne sont guère meilleures.

Professeur d’études africaines à l’Université de Cornell, Carole Boyce-Davies, elle aussi, est native de Trinidad, où elle s’échine à raviver la mémoire de la grande dame, notamment à travers un livre: Left of Karl Marx. «Comme beaucoup de femmes de l’époque, la mère de Claudia travaillait dans l’industrie du textile, explique-t-elle. Elle cousait et travaillait sur des machines à l’usine. Elle n’avait que très peu de pause et de repos. Comme plusieurs femmes, elle s’est épuisée. Elle est tombée morte au travail, à seulement 37 ans.»

Rapidement, Claudia, elle aussi, connaît des problèmes de santé. En face de l’appartement familial coule un égout, symbole de conditions d’hygiène sordides dans lesquelles Claudia contracte une tuberculose qui abimera ses poumons à vie. Rapidement, pour subvenir aux besoins de la famille, Cumberbatch arrête les études et travaille dans une chapellerie féminine. Son deuxième emploi, comme assistante d’un journaliste au sein d’un média noir, crée une vocation, poussée par un terreau politique fertile. «Le Harlem de l’époque pullulait de personnes dénonçant les conditions de vie des afro-américains, poursuit l’historienne. Tu en trouvais un à chaque coin de rue. Elle a raconté qu’elle était surtout attirée par ceux qui avaient un discours de gauche.»

Les «Scottsboro Boys» et le Maccarthysme

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Comme beaucoup de jeunes noirs concernés par les conditions des leurs semblables, Claudia rejoint d’abord la National Association for the Advancement of Colored People, principale organisation de défenses des droits civiques. La NAACP se saisit par exemple de l’affaire des «Scottsboro Boys», nom donné à neuf jeunes noirs accusés à tort d’avoir violé deux blanches dans l’État d’Alabama. Lors de procès expéditifs, ils sont condamnés à mort.

Comme dépeint dans Loving, le film de Jeff Nichols, le Parti communiste américain, aussi, envoyait alors des avocats pour défendre les Afro-Américains victimes d’injustices. Grâce aux communistes, les accusés échappent à la peine capitale, même si cinq d’entre eux purgent des peines prison absurdes. «Sur cette affaire, le PC a été plus sérieux que la NAACP, assure Boyce-Davies. Claudia a indiqué que c’est ce qui l’a amenée à rejoindre en 1936 la Young Communist League, la branche jeune du Parti.»

L’année d’après, Claudia intègre l’équipe éditoriale du Daily Worker avant de prendre la direction en 1938 de Weekly Review, à seulement 23 ans. Lorsqu’elle ne travaille pas, la jeune femme aide son prochain. «Les gens venaient la voir avec un problème d’immigration, de logement et elle essayait de le résoudre, assure l’experte. C’est son engagement et son travail qui ont forgé sa vie. Dès qu’un événement social ou politique prenait place, elle y allait

Dans l’ombre grandissante du maccarthysme, c’est pour éviter la surveillance du FBI qu’elle prend le nom de couverture de «Jones». La ruse fonctionne un temps, mais Claudia ne parvient en revanche pas à obtenir la citoyenneté américaine. Pour ce faire, elle devrait assurer ne pas appartenir au Parti communiste. De par une éducation caribéenne qui peut paraître étrange, Claudia refuse de mentir. Finalement, les services secrets font le lien.

«Pour la journée de la femme de 1950, elle a prononcé un grand discours, narre l’historienne. Beaucoup de monde était venu la voir parler et c’est ce qui a mené à son arrestation. Elle était accusée d’être une étrangère visant à renverser les États-Unis d’Amérique. Il ne s’agissait que de textes intellectuels, mais l’un des messages était bien l’abolition du capitalisme.» Au pays du Roi Dollar, l’idée ne passe pas et Claudia est condamnée à un an de prison. Dans un premier temps, elle est incarcérée sur Ellis Island, la petite île à l’entrée de New York où sont placés les immigrés en attente d’entrée sur le sol américain. De sa cellule, elle aperçoit la statue de la Liberté. Transférée dans un pénitencier de Virginie-Occidentale, elle côtoie un ponte du PC et des indépendantistes portoricaines. «La prison lui a inspiré des poèmes, renseigne Boyce-Davies. Mais les conditions d’emprisonnement ont empiré la maladie cardiaque dont elle souffrait. Ça lui a permis de voir sa peine réduite à dix mois, mais elle a été déportée peu de temps après.»

Émeutes et carnaval

Le 7 décembre 1955, trois-cent-cinquante personnes viennent dire adieu à Claudia Jones à l’Hotel Theresa d’Harlem. Foutue à la porte d’un pays où elle vivait depuis vingt-neuf ans, l’activiste ne peut pas non plus retourner chez elle, à Trinidad. Historien britannique option «black histor », Steven Ian Martin explique :«À l’époque, Trinidad était encore une colonie britannique. Le gouvernement de Londres était terrifié à l’idée d’avoir une Trinidadienne réputée et pétrie d’idéologie marxiste rentrer au pays. Il ne fallait pas qu’elle puisse souffler des idées à la classe ouvrière noire. Ils pensaient qu’au Royaume Uni, elle serait plus facilement contrôlée.» Bien vu. Lorsqu’elle débarque à Southampton, sur les côtes anglaises, Claudia Jones pense être reçue comme son rang de figure communiste new-yorkaise le suggère. Or, le Parti communiste britannique de l’époque n’a que faire du sort des femmes noires. Comme le gros de la communauté caribéenne, elle s’installe au sud de Londres, à Stockwell, puis sur Brixton Road. Si son nom lui permet de reprendre ses activités, Claudia doit travailler et est employée comme secrétaire dans un garage de bus.

Si la loi britannique ne comporte pas de volet ségrégationniste, la société, elle, demeure en partie raciste. Un ancien collaborateur de Jones, Donald Hynes, dépeignait dans un essai le contexte de l’époque: «Dans le bus, les passagers blancs bondissaient de leurs sièges si un noir avait le toupet de s’asseoir à côté d’eux. […] Nombre d’employeurs disaient qu’ils n’employaient pas de noirs. Des propriétaires expliquaient refuser la location d’une chambre parce que les voisins blancs ne seraient pas d’accord.»

C’est dans cette atmosphère tendue que Claudia Jones crée en 1958 la West Indian Gazette, une revue antiraciste et anti-impérialiste, dont les bureaux se situent au dessus d’un barbier et d’un magasin de disques de Brixton. C’est dans cette atmosphère, aussi, et dans la chaleur d’août 58, qu’explosent des émeutes à Nottingham, dans le nord de l’Angleterre et à Notting Hill, un quartier caribéen de l’ouest londonien.

En dehors d’une station de métro, un couple s’engueule. La femme est blanche, l’homme est noir. Une foule blanche intervient rapidement et la brouille conjugale se transforme en grosse bagarre. Cette étincelle met le feu au quartier. Le lendemain, trois cents jeunes, largement issus de gangs de Teddy Boys, attaquent des résidences caribéennes, beuglant des injures racistes. Au bout de près d’une semaine de conflit, cent-quarante personnes sont arrêtées.

claudia-jones-stamp.jpgChoquée, Claudia Jones dit rapidement vouloir «laver le goût de Notting Hill et Nottingham» des bouches de la communauté noire. «Elle voulait contrer les effets potentiels des émeutes, raconte S.I. Martin. Elle disait que l’art d’un peuple est la genèse de sa liberté.» Sur le modèle des carnavals de Trinidad, Jones et son entourage organisent un «Mardi Gras» au St Pancras Town Hall, près de l’actuelle gare internationale. L’événement, dont S.I. Martin doute de la qualité festive, est néanmoins filmé par la BBC. Certains journaux se plaignent mais la communauté noire est montrée sous un jour positif, quelques mois seulement après les émeutes.

Après quelques éditons dans diverses salles londoniennes, le carnaval prend ses quartiers dans les rues de Notting Hill en août 1966. Sans Claudia Jones. Près de deux ans plus tôt, à seulement 49 ans, la «godmother of Black Britain» succombait à une violente crise cardiaque. La veille de Noël. Son compagnon, Abhimanyu Manchanda, un maoïste indien, est alors en voyage en Chine, et quand Claudia ne se rend pas à la soirée de Noël à laquelle elle était invitée, on met du temps à s’inquiéter. Ce n’est qu’au bout de quelques jours qu’on enfonce sa porte pour découvrir son corps inerte.

Dévasté, Manchanda souhaite lui rendre un dernier hommage et achète cette place près de Marx. L’homme qui partageait la vie de Claudia Jones depuis 1957 prend sa suite à la tête de la West Indian Gazette, avant que les dettes ne coulent définitivement le journal au bout de quelques mois. En 1970, il baptise sa fille Claudia. Mais la native de Port-d’Espagne a légué bien plus qu’un prénom. «Ce que Claudia Jones a fait de plus grand, c’est d’inscrire dans l’Histoire un triple label: elle était une féministe noire de gauche, conclut Carole Boyce-Davies. Elle a institué un changement en unifiant ces trois expériences qu’on séparait jusqu’alors. Elle a simplement fondé le féminisme noir de gauche.» De quoi justifier sa place, à la gauche de Karl Marx.

19:34 Publié dans Biographie, Etats Unis, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : claudia jones, usa, racisme | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook |

16/07/2018

LA FABULEUSE HISTOIRE DE LA COUPE DU MONDE DE FOOT

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La Fédération internationale de football association (FIFA) est créée en 1904 par le journaliste français Robert Guérin et 7 pays membres. Lors d'un premier congrès, il est décidé d'organiser une compétition internationale en Suisse, refusé par les britanniques. Ce n'est que 26 ans plus tard, sous l'impulsion d'un autre français alors président de la FIFA, le haut-saônois Jules Rimet, que celle-ci organisera sa compétition internationale, la Coupe du monde de football.

1930 EN URUGUAY, L'URUGUAY EMPORTE LA PREMIERE COUPE DU MONDE

coupe du monde 1930.jpgLa première coupe du monde de football se déroule en Uruguay. Bien que plusieurs pays européens en avaient fait la demande, la FIFA confiera l'organisation au pays champion olympique. Treize pays participent à cette première édition dont seulement 4 pays européens : Mexique, Chili, Argentine, Brésil, Bolivie, Pérou, Uruguay, Paraguay, États-Unis, France, Yougoslavie, Roumanie, Belgique. Beaucoup de pays ne voulaient pas faire la traversée, à l'époque en bateau.

Au stade Centenaire (100 000 places), eu lieu la première finale de la coupe du monde. L'Uruguay triomphant 4-2 de l'Argentine. Le capitaine uruguayen José Nasazzi se voit remettre par Jules Rimet la petite statuette.

1934 EN ITALIE, L'ITALIE L'EMPORTE

coupe du monde 1934.jpgC'est en Italie, candidat malheureux de l'élection de 1930, que se déroule la seconde coupe du monde de football. Dans un contexte politique tendu, avec l'ouverture deux ans après des Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin, cette coupe du monde devient un outil de propagande politique puissant pour l'Italie fasciste de Mussolini.

C'est aussi la première coupe du monde médiatique, avec la présence sur le sol italien de 249 journaux du monde entier dont 65 italiens, 27 français, 23 allemands... et un anglais, en rappelant que les Britanniques ne participent toujours pas à cette compétition. Le tenant du titre, l'Uruguay, ne participe pas non plus, pour les mêmes raisons que certaines équipes européennes quatre ans plus tôt.

Et l'Italie remporte la coupe du monde de football de 1934 chez elle à Rome face à la Tchécoslovaquie.

1938 EN FRANCE L'ITALIE GAGNE SA DEUXIEME ETOILE

En 1938 c'est la France qui organise la coupe du monde. À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses nations ne prennent pas part à la compétition (l'Autriche est contrainte par l'Allemagne de ne pas participer). Le Brésil répondra présent, à la suite d'une tombola organisée pour financer le voyage. L'Italie conserve son titre.

coupe du monde 1950.jpg1950 AU BRESIL L'URUGUAY GAGNE AUSSI SA DEUXIEME ETOILE

Après la deuxième guerre mondiale, la coupe du monde reprend et c'est le Brésil qui est le pays organisateur.

Le 16 juillet 1950 au stade Maracanã, le plus grand stade de football de la planète. L'Uruguay bat sur le score de 2 à 1 le Brésil et remporte le mini-championnat qui faisait office de tournoi final.

1954 EN SUISSE L'ALLEMAGNE DE L'OUEST CHAMPIONNE DU MONDE

coupe du monde 1954.jpgC'est la Suisse qui se voit confier l'organisation de la 5e coupe du monde de football en 1954. L'année suivante débutera la Ligue des champions en Europe et le football s'internationalise encore plus, avec l'avènement de pays comme la Hongrie et l'Allemagne de l'ouest privée de participation par la FIFA quatre ans plus tôt. C'est d'ailleurs elle qui s'imposera à Berne devant 65 000 spectateurs face à la Hongrie emmenée par Ferenc Puskás. Cette coupe du monde est marquée par une nouvelle ère médiatique : les premiers téléspectateurs ont pu suivre huit matches en direct.

1958 EN SUEDE LE BRESIL POUR LA PREMIERE FOIS GAGNE SA PREMIERE ETOILE

En partant pour la Suède, Just Fontaine ignore qu'il sera à l'issue de la compétition sacré meilleur buteur de la Coupe du monde de football 1958 avec 13 réalisations, record encore d'actualité.

Un jeune brésilien fait une apparition qui va marquer les mémoires. Le football ne sera plus le même après que son génie se sera exprimé. Edson Arantes do Nascimento dit Pelé ne savait pas encore au début de la compétition qu'il serait le plus jeune joueur à jamais avoir soulevé la Coupe. En demi-finale à lui seul, il inscrivit 3 buts à la France de Raymond Kopa.

1962 AU CHILI LE BRESIL GAGNE SA DEUXIEME ETOILE

coupe du monde 1962.jpgAu Chili, Pelé se blesse dès le match d'ouverture. Cela n'empêchera pas ses coéquipiers de s'imposer une seconde fois consécutive, face à la Tchécoslovaquie.

Le match Italie - Chili à Santiago, connu comme la « Bataille de Santiago », dégénère en une bataille rangée : deux joueurs italiens seront expulsés et un troisième aura le nez cassé.

1966 EN ANGLETERRE, L'ANGLETERRE L'EMPORTE

Lors d'une exposition à Londres, la coupe Jules Rimet est volée. Un chien appelé Pickles la retrouve dans un buisson au cœur d'un jardin de banlieue du sud de Londres5.

Pelé ne jouera pas plus de deux matchs durant cette compétition et c'est un autre lusophone qui fera parler de lui : Eusébio, avec 9 réalisations il deviendra le meilleur buteur de cette édition. L'Angleterre à domicile s'imposera face à l'Allemagne de l'Ouest .

1970 AU MEXIQUE LE BRESIL GAGNE SA TROISIEME ETOILE ET LE DROIT DE GARDER DEFINITIVEMENT LA COUPE DU MONDE

Au Mexique, ce sont les attaquants qui ont triomphé : 2,97 buts par match en moyenne. Cette édition fut également marquée par les dix buts de Gerd Müller, dont deux triplés, ainsi que par la demi-finale Italie-RFA qui se termina sur le score de 4 buts à 3 après prolongation.

Le jeu l'emporte aussi : aucun joueur ne sera expulsé du terrain lors de la Coupe du monde de la FIFA 1970. Bien qu'après ses deux blessures lors des précédentes éditions, Pelé avait dit plus jamais. Il est revenu sur sa décision, le Brésil l'en remercie. L'Italie est surclassée dès la 18e minute. Un score final de 4-1, et le Brésil remporte son troisième trophée, gardant ainsi le droit de le conserver.

1974 EN ALLEMAGNE L'ALLEMAGNE NOUVEAU CHAMPION DU MONDE

Avec l'avènement du football total, l'Allemagne de l'Ouest remporte à domicile son second trophée, qui pour l'occasion est devenue une coupe en or, en s'imposant face aux Pays-Bas, emmenés par Johan Cruyff.

1978 EN ARGENTINE L'ARGENTINE L'EMPORTE A DOMICILE

Le pays organisateur remporte la compétition. L'Argentine s'impose en finale face à des néerlandais. L'Argentine entre dans l'histoire et Mario Kempes son buteur en fait de même en devenant meilleur buteur de la compétition.

Le contexte lourd est celui de la dictature militaire, deux ans après le coup d'état du 24 mars 1976. C'est d'ailleurs le général Videla, chef de la junte militaire, qui remet la coupe au capitaine argentin, Daniel Passarella, « El Pistolero ».

1982 EN ESPAGNE L'ITALIE GAGNE SA TROISIEME ETOILE

En Espagne, pendant le tour préliminaire, lors du match France - Koweït, un émir du Koweït descend sur le terrain pour faire annuler un but, une première à laquelle l'arbitre cède. Lors de la demi-finale contre l'Allemagne de l'Ouest, l'équipe de France se fait éliminer lors des prolongations. En finale, l'Italie remporte la coupe du monde à Madrid au Stade Santiago Bernabéu 3 buts à 1. Dino Zoff devient ainsi le plus vieux joueur à remporter la Coupe du monde de football, à 40 ans.

1986 AU MEXIQUE L'ARGENTINE GAGNE SA DEUXIEME ETOILE

Cette compétition aurait dû se dérouler en Colombie. Mais dès 1983, l'organisation fut confiée au Mexique, la Colombie ayant subi des catastrophes naturelles.

Les tirs aux buts ont fait leur première apparition pendant la Coupe du monde de football de 1982 lors de la demi-finale France - RFA. Quatre ans plus tard, la France rencontre le Brésil en quart de finale de la coupe du monde. Un match connu essentiellement parce que ce sont les meilleurs joueurs qui ont manqué leurs penaltys et pour la qualité du jeu pratiqué.

Diego Armando Maradona est déjà une personnalité controversée du milieu du football. Le 22 juin 1986, lors du quart de finale Argentine - Angleterre, les tensions sont fortes entre les deux pays depuis la Guerre des Malouines.

À la 51e minute, Maradona inscrit un but de la main. Pour se justifier, Diego ne dira que cette phrase quasi provocatrice : « c'était la Main de Dieu ». Cinq minutes plus tard, « Dieu » se manifeste de la plus belle des manières, en inscrivant un but resté dans toutes les mémoires des contemporains. Partant de son camp, il dribble toute la défense anglaise, y compris le gardien, et marque. L'Argentine remportera une nouvelle fois la Coupe du monde quelques jours plus tard, face à l'Allemagne qui égale le record des Pays-Bas en atteignant la finale deux fois de suite et en la perdant.

1990 EN ITALIE L'ALLEMAGNE L'EMPORTE

Bien peu sont ceux qui pouvaient prédire aux Camerounais qu'ils seraient les héros d'une Coupe du monde qualifiée d'ennuyeuse. À 38 ans, Roger Milla, qui avait pourtant posé ses crampons sur l'île de La Réunion, est rappelé par son équipe nationale. Le spectacle qu'il offrira durant cette compétition en aura bien valu la peine. Il inscrira 4 buts durant la phase finale, dont un mémorable contre la Colombie où il viendra prendre le ballon au fantasque gardien colombien René Higuita.

L'Allemagne triomphe en Italie des Argentins après avoir entre autres sorti les Pays-Bas en huitième de finale et l'Angleterre en demi, en finale sur un penalty à la 85e minute, transformé par Andreas Brehme.

1994 AU ETATS UNIS LE BRESIL GAGNE SA QUATRIEME ETOILE

La Coupe du monde de football de 1994 est organisée pour la première fois aux États-Unis. Du 17 juin au 17 juillet la FIFA espère ainsi y implanter durablement le soccer. Dans la foulée, il est d'ailleurs prévu de relancer un championnat professionnel aux États-Unis. Ce sera la Major League Soccer qui a eu du succès à ses débuts.

Plusieurs grandes nations de football sont absentes de cette Coupe du monde. Citons notamment l'Angleterre, la France, l'Uruguay, la République tchèque et l’équipe championne d'Europe en titre, le Danemark, qui ne sont pas parvenus à se qualifier.

C'est une Coupe du monde avec beaucoup de buts, qui s'achève par un match où il y en eut trop peu. C'est la première finale de l'histoire qui se termine aux penaltys. Le Brésil renaît et remporte un trophée qu'il aime bien. L'Italie n'avait jamais accepté son élimination aux tirs au but 4 ans plus tôt, il en sera de même 4 ans plus tard.

Roger Milla devient à 42 ans le plus vieux buteur de l'histoire de la Coupe du monde. Diego Maradona contrôlé positif à l'éphédrine sort humilié de la Coupe du monde.

1998 EN FRANCE LA FRANCE ACCEDE A LA PREMIERE ETOILE

coupe foot 98.jpgLe 12 juillet 1998, bien peu sont les Brésiliens à connaître Zizou le magicien. De deux buts de la tête, il fait basculer la France dans une fête multiculturelle qu'elle n'avait pas prévue. Emmanuel Petit achève le tableau par un but à la dernière minute. La France complète la liste des pays ayant organisé la Coupe du monde et l'ayant gagnée à domicile.

La Croatie fait son apparition dans le dernier carré et Davor Suker finit meilleur buteur de la compétition.

Le parcours de l'équipe de France, vers le titre à domicile n'est pas des plus aisés : Les Bleus, premiers de leur groupe du premier tour avec trois victoires, battent le Paraguay 1-0 en huitièmes de finale sur un but en or marqué en prolongations par Laurent Blanc, ils éliminent ensuite l'Italie aux tirs au but 4-3 au terme d'un match au score vierge, puis viennent à bout de la Croatie en demi-finale grâce au plus improbable des buteurs : le défenseur Lilian Thuram qui marque à deux reprises pour la seule fois de sa longue carrière internationale et envoie son équipe en finale (2-1). Dans le match face aux tenants du titre brésiliens, arrivés en finale grâce à leur victoire aux tirs au but devant les Pays-Bas (1-1 après prolongations, 4-2), Zinédine Zidane marque deux buts de la tête sur corner en première-mi temps, puis Emmanuel Petit parachève le score en fin de match alors que la France joue à dix après l'expulsion de Marcel Desailly. Le soir, sur les Champs-Elysées, environ 1,5 million de personnes fêtent la victoire des Bleus.

2002 EN COREE DU SUD ET AU JAPON LE BRESIL ACCROCHE SA CINQUIEME ETOILE

Fait unique dans l'histoire de la Coupe du monde, deux pays coorganisent la coupe du monde de football de 2002, la Corée du Sud et le Japon. Le tenant du titre, la France, est battu en match d'ouverture par les Lions du Sénégal (1 - 0, but de Papa Bouba DIOP) et est sorti dès le premier tour sans même avoir inscrit un but, tout comme l'Argentine.

La Corée du Sud brillera jusqu'en demi-finale, c'est la première nation asiatique à atteindre ce niveau.

Le Brésil présente une équipe mémorable emmenée par le capitaine Cafu et comptant dans ses rangs les attaquants Ronaldinho, Rivaldo et Ronaldo. Ce dernier marque huit buts au cours de la compétition, et termine sur un doublé en finale face à l'Allemagne le 30 juin 2002 à Yokohama (2-0). La formation sud-américaine accroche ainsi une cinquième étoile à son maillot, record qui attend encore d'être battu.

2006 EN ALLEMAGNE L'ITALIE GAGNE SA QUATRIEME ETOILE

L'édition 2006 s'est déroulée en Allemagne. Le pays organisateur brilla une nouvelle fois dans cette compétition, mais l'Italie mit fin au rêve allemand pendant la demi-finale en remportant la victoire par 2 - 0 après la prolongation. L'issue de la finale face à la France penche en faveur de l'Italie ; l'Italie bat la France aux pénalties (5 - 3) 1 - 1 après prolongation. L'Italie décroche ainsi son quatrième titre de champion du monde et se rapproche du record actuel, détenu par le Brésil, qui est de cinq victoires. Il faut également noter la très bonne performance du Portugal, demi-finaliste de la coupe du monde.

2010 EN AFRIQUE DU SUD L'ESPAGNE GAGNE SA PREMIERE ETOILE

coupe du monde 2010.pngL'édition 2010 se déroule en Afrique du Sud, qui devient ainsi le premier pays africain à accueillir l'épreuve. L'Afrique du Sud devient également le premier pays organisateur à ne pas dépasser les poules. Pour le match pour la troisième place entre l'Allemagne et l'Uruguay, Paul le poulpe aura encore réussi son pronostic en prédisant l'Allemagne vainqueur (3-2). La finale oppose l'Espagne et les Pays-Bas sachant que notre ami poulpe cité ci-dessus prédit l'Espagne vainqueur... Et l'Espagne est effectivement championne du monde (1-0), d'un seul but de Iniesta à la 117e minute (3 minutes avant les tirs au but).

2014 AU BRESIL L'ALLEMAGNE GAGNE SA QUATRIEME ETOILE ET REJOINT L'ITALIE

L'édition 2014, qui est la 20e, se déroule au Brésil. Toutes les équipes championnes du monde depuis 1930 sont qualifiées. La demi-finale du Brésil face à l'Allemagne est marquée par le score historique de 7-1 en faveur de la Mannschaft. La finale a lieu le 13 juillet au stade Maracanã. L'Allemagne s'impose 1-0 en prolongation sur un but de Mario Götze, et remporte sa quatrième Coupe du monde.

2018 EN RUSSIE LA FRANCE GAGNE SA DEUXIEME ETOILE

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Vingt ans après le sacre de 1998 à la maison, l’équipe de France a achevé sa campagne de Moscou en soulevant la Coupe du monde aux dépens de valeureux Croates à la science du jeu sans égale, mais laissés en plan par leur bonne étoile, pour gravir la dernière marche.

Les Bleus montent d’un rang et se retrouvent avec une seconde étoile sur leur jersey, en compagnie de l’Argentine et de l’Uruguay, deux sélections qu’ils ont, ironie du sort, vaincues aux tours précédents.

LE SYMBOLE DES ETOILES

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Le vainqueur de la Coupe du monde a une étoile par trophée gagné. Ces étoiles font leur apparition sur le maillot du Brésil en 19701. L'Italie adopte les étoiles à la suite de sa troisième victoire en Coupe du monde en 19821. L'Allemagne le fait lorsqu'elle remporte son troisième titre en 19904. Les autres anciens vainqueurs adoptent ce système au début des années 2000 (Angleterre, Argentine, Uruguay) tandis que la France arbore son étoile depuis sa première victoire en 1998.

L'Uruguay arbore quatre étoiles : deux pour les Jeux olympiques gagnés en 1924 et 1928 et deux autres pour les Coupes du monde de 1930 et 1950. L'Espagne gagne sa première Coupe du monde en 2010 et arbore son étoile sur le maillot dès la remise de la coupe le soir de la finale le 11 juillet 2010. Les joueurs ont échangé leur maillot bleu du match contre un maillot rouge à étoile dès le coup de sifflet final.

L'Égypte, le Cameroun, le Ghana, la Tunisie, la Côte d'Ivoire et l'Algérie ont mis des étoiles pour symboliser leurs victoires en Coupe d'Afrique des nations. La Tunisie n'ayant pas d'étoile sur le maillot, l'étoile apparait uniquement sur certains maillots vendus dans le commerce.

Le maillot de l'équipe du Danemark est orné d'une étoile d'argent pour rappeler la victoire lors de l'Euro 1992. À ce jour, le Danemark est la seule sélection à avoir adopté ce symbole pour une victoire à l'Euro.

Le maillot de l'équipe d'Uruguay arbore 4 étoiles. 2 pour les victoires en coupe du monde ainsi que 2 pour les victoires dans le tournoi olympique. L'Uruguay est la seule sélection à avoir adopté ce symbole pour une victoire dans le tournoi olympique, considérant qu'étant donné que ces victoires aux JO eurent lieu alors que la Coupe du monde n'existait pas, le tournoi olympique équivalait à une Coupe du monde.

Sources Wikipédia et l'Humanité

19:44 Publié dans Société, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coupe du monde de foot, histoire | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook |

09/07/2018

Massacre de Reggio Emilia

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Le massacre de Reggio Emilia est un bain de sang qui a eu lieu le 7 Juillet 1960 lors d'une manifestation syndicale au cours de laquelle cinq travailleurs ont été tués par la police.

Le massacre a été le point culminant d'une période de forte tension dans toute l'Italie, où des affrontements ont eu lieu avec police. L'événement déclencheur a été la formation du gouvernement Tambroni, démocrate et soutien  MSI, parti néo fasciste.

Les réactions indignées ont été nombreuses et la tension à travers le pays a provoqué une grande mobilisation populaire.

Fernando Tambroni, a donné pouvoir pour ouvrir le feu dans des « situations d'urgence » et a entrainé onze morts et des centaines de blessés.

Ces conséquences dramatiques ont contribué à la démission du gouvernement Tambroni.

les faits

Le soir du 6 Juillet la Cgil de Reggio avait proclamé la grève.

Le lendemain un groupe d'environ 300 travailleurs de Reggiane avait décidé de se rassembler devant un monument.

La police a alors chargé laissant des dizaines de blessés et plusieurs morts :

  • Lauro Farioli ( né en 1938), marié et père d'un enfant.
  • Ovidio Franchi (1941), le plus jeune des morts
  • Marino Serri (1919), Pasteur de 41 ans
  • Afro Tondelli (1924)
  • Emilio Reverberi (1921), Travailleur âgé 39 ans.

Les faits ont été relatés dans une célèbre chanson Fausto Amodei, intitulé Pour les morts de Reggio Emilia et, plus récemment, dans le roman Paolo Nori 2006 Nous allons nous faire la vengeance, dans la chanson « Blizzard » du groupe Giardini di Miro (2010) et « peu d'histoire Ultras » de la bande reggiano Offlaga Disco Pax (2012).

13:41 Publié dans International, Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : italie, massacre, syndicalistes | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook |