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18/01/2026

Résistante Nimoise, Maurin, Louise Maurin, libérée de sa prison par un commando FTP

Heroiques-femmes-en-Resistance.jpgJeune résistante communiste Nîmoise, Louisette Maurin est une de ces femmes qui en 1940 n'hésite pas à entrer en résistance. FTPF "légale" de Nîmes, elle participe aux activités du groupe dirigé par Jean Robert. Son activité s'étend des abords de la Camargue aux Cévennes. 
Arrêtée le 2 mars 1943 après l'attentat de la Maison Carro, elle est condamnée à la réclusion à vie et incarcérée , d'abord à la Maison d'Arrêt de Nîmes puis à la prison de Valence. Les tortures les plus horribles lui sont réservées.  
Vers la Noël 1943, elle tombe gravement malade et est transférée à l'hôpital de Valence sous bonne garde. Mais Etienne Daels ("le nageur"), ancien membre de l'équipe FTPF, parvient à la faire évader et à la cacher.
Une fois rétablie, avec l'aide de Gaby Bastide, elle rejoint son mari Louis Maurin dans les Alpes-Maritimes pour poursuivre le combat.
Responsable des femmes communistes du Gard, ayant participé à de nombreuses actions armées sa tête est mise à prix. 
La France libérée elles retrouve Nîmes. Affaiblie par la maladie et les mois passés en prison, elle meurt peu après la libération de la région en septembre 1945 à l'âge de 25 ans.
 

18:20 Publié dans Libération, PCF, Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : résistante, louisette maurin, communiste | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook |

14/01/2026

Marguerite Joubert-Lermite, institutrice, figure du parti communiste nantais (1910-1943)

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« Amenée à juger la société capitaliste, je me suis rangée aux côtés du prolétariat ; mes besoins de logique, de clarté, mon amour des forces neuves, des réalités en espoir, se sont cristallisés autour du mot ‘‘révolution’’ ». Marguerite Joubert, qui s’exprime ainsi en 1933, est une figure oubliée du parti communiste nantais des années 1930. Elle illustre pourtant par son parcours l’émancipation et le militantisme d’une jeune femme de cette époque.

L’accès à une culture émancipatrice

Issue d’un milieu populaire, Marguerite Joubert grandit à Nantes où elle entre à l’Ecole normale en 1926. Mais l’institution de la Villa Maria est frappée l’année suivante par la tuberculose et la jeune femme part au sanatorium de Sainte-Feyre en 1928. La maladie est grave mais ce centre de soin pour instituteurs hérité du mouvement mutualiste lui procure un riche environnement intellectuel. Elle s’y lie à des amis avec qui elle partage lectures, correspondance et voyages. Elle y est encouragée à écrire, comme elle le fait depuis l’adolescence, des poèmes qui sont publiés au début des années 1930 dont l’un dans la Nouvelle Revue Française en novembre 1933. Et elle y découvre le communisme. Tous les éléments des amitiés à venir sont là : endogamie professionnelle, rôle actif des femmes, importance de la culture et engagements politiques partagés. De retour à Nantes en 1931 elle rejoint un groupe de jeunes instituteurs militants syndicaux. C’est avec l’un d’entre eux, André Lermite, qu’elle se marie plus tard.

Ces instituteurs rencontrent Jean Bruhat, professeur au lycée Clemenceau et membre du parti communiste, dans un contexte syndical. Ce dernier exerce une influence décisive. Il leur apporte une formation intellectuelle et idéologique d’où sort la rédaction collective d’un numéro des Cahiers de contre-enseignement prolétarien en mai 1935. Le groupe est uni par une même position dissidente au sein du Syndicat national des instituteurs et une même adhésion au Parti communiste et à ses différentes organisations.

Une militante régionale de premier plan au temps du Front populaire

Ce parti a justement besoin de nouveaux cadres pour amorcer une stratégie de reconquête après plusieurs années de déclin et Marguerite Joubert est poussée en avant par Jean Bruhat. Au cours de l’année charnière 1932-1933 elle a adhéré au syndicat des instituteurs, à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires puis au Parti communiste. Elle entre au début de 1934 au bureau régional du parti comme secrétaire régionale des jeunesses communistes, qui font l’objet d’une attention particulière. Militante convaincue, elle met en oeuvre les directives nationales : faire de la culture un vecteur de la conquête des jeunes, les former, organiser leurs sections, éditer leur journal, La Bataille, créer des sections féminines. Oratrice régulière des réunions politiques de 1934 à 1937, elle accompagne finalement l’éclosion, difficile au regard des déceptions d’alors, d’une nouvelle génération de militants née avec le Front populaire.

A nouveau malade en 1932-1933, Marguerite Joubert ne devient institutrice qu’en 1934 d’abord au Gâvre puis à Bouaye. Elle prend, fin 1935, des fonctions au sein de nouvelles instances syndicales réunifiées. Elle y est élue, y obtient la création d’une commission des jeunes et prend en charge la rédaction d’une nouvelle rubrique dédiée à ces mêmes jeunes dans le bulletin des instituteurs. Ce sont donc là plusieurs années d’un engagement intense, toujours tourné vers la formation des jeunes, dans le contexte historiquement dense du Front populaire et des tensions en Europe. Avant un retrait progressif. Elle se marie en 1938 puis, enceinte, redevient une militante locale.

Une communiste dans la guerre

Installés à Chantenay les époux Lermite appartiennent à un parti interdit après la signature du pacte germano-soviétique. Devenus, après la défaite française, les ennemis du régime de Vichy, ils sont inquiétés par le ministère de l’Education nationale et surveillés par la police française. André Lermite est arrêté à la demande des Allemands peu après l’attaque de l’URSS et interné au camp de Compiègne où il participe au mouvement de résistance communiste. En août 1942 la police française mène une vaste opération d’arrestations de jeunes résistants communistes en Loire-Inférieure. Le mois suivant Marguerite Lermite, elle aussi membre de la résistance et déjà dénoncée fin 1941, est arrêtée à son tour et livrée aux Allemands. Elle transite par plusieurs prisons avant d’être envoyée au camp de Romainville.

Tous deux ont été déportés au camp d’Auschwitz-Birkenau. André Lermite y arrive en juillet 1942 et y meurt début août. Marguerite Lermite y est déportée en janvier 1943 avec 230 autres femmes essentiellement résistantes communistes. Elle y est vraisemblablement morte fin février. A la Libération, André Lermite a donné son nom à l’école où il enseignait. Marguerite Lermite, elle, n’est restée que dans la mémoire de ses proches et de ses camarades.

Renaud Avez pour Nantes Patrimonia

Podcast sur Marguerite Joubert à écouter en cliquant sur cette ligne ou sur la photo]]]marguerite joubert

26/12/2025

Les paysans du Moyen-Âge profitaient sans doute davantage des fêtes de fin d’année que nous

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Oui, les paysans du Moyen-Âge travaillaient dur. Pourtant, lorsqu’arrivait Noël, ils profitaient de périodes de fêtes bien plus longues que celles dont nous disposons aujourd’hui.


Lorsque l’on pense au Moyen Âge en Europe, viennent en tête des images de pauvreté écrasante, de superstition et d’obscurantisme. Pourtant, la réalité de cette période de mille ans, comprise entre 500 et 1500, était bien plus complexe. Et c’est particulièrement vrai lorsqu’on s’intéresse aux paysans, qui représentaient alors environ 90 % de la population.

Malgré leur dur labeur, les paysans disposaient de temps libre. En additionnant les dimanches et les nombreuses fêtes, environ un tiers de l’année était exempt de travail intensif. Les célébrations étaient fréquentes et s’articulaient autour des fêtes religieuses comme Pâques, la Pentecôte et les jours de saints. Mais la plus longue et la plus festive de toutes était Noël.

En tant que professeure d’histoire médiévale, je peux vous assurer que l’idée largement répandue selon laquelle la vie des paysans n’aurait été que misère est fausse. Ils menaient une vie sociale riche – peut-être même plus riche que la nôtre –, mangeaient correctement, faisaient souvent la fête et avaient des familles pas si différentes des nôtres. Pour eux, les célébrations de fin d’année commençaient bien avant Noël et se prolongeaient au-delà du Nouvel An.

La fête ne faisait alors que commencer.

# La vie quotidienne au village

Un paysan n’était pas simplement un pauvre, prisonnier de sa basse condition. Il s’agissait plutôt d’un agriculteur de subsistance qui devait à son seigneur une part de la nourriture qu’il produisait. Il lui fournissait également une partie de sa force de travail, ce qui pouvait inclure la construction de ponts ou la mise en culture des terres du seigneur.

En échange, le seigneur lui offrait une protection contre les bandits ou les envahisseurs. Il rendait aussi la justice par l’intermédiaire d’un tribunal et punissait les vols, les meurtres et autres crimes. En général, le seigneur résidait dans le village ou à ses alentours.

Le paysan, lui, vivait à la campagne, dans des villages dont la taille allait de quelques maisons à plusieurs centaines. Ces villages disposaient de fours banaux, de puits, de moulins à farine, de brasseries ou de tavernes, ainsi que de forgerons. Les maisons étaient regroupées au centre du village, le long d’un chemin de terre, et entourées de terres agricoles.

Selon les critères d’aujourd’hui, une maison paysanne était petite – en Angleterre, la surface moyenne était d’environ 65 mètres carrés. Elle pouvait être construite en tourbe, en bois, en pierre ou en torchis, une technique très proche du lattis-plâtre, avec des toits à poutres recouverts de paille. Les maisons possédaient une porte d’entrée, et certaines avaient même une porte arrière. Les fenêtres étaient couvertes de volets et, rarement, de verre. À part la cheminée, seules la lumière du Soleil, de la Lune, une lampe à huile ou une bougie éclairaient l’intérieur.

# Sexualité sans intimité

La journée était rythmée par les saisons et la lumière du soleil. La plupart des gens se levaient à l’aube, voire un peu avant ; les hommes partaient rapidement aux champs pour cultiver des céréales comme le blé et l’orge. Les femmes travaillaient à la maison et dans la cour, s’occupant des enfants, des animaux et du potager, tout en filant, cousant et cuisinant. Les paysans ne possédaient pas d’horloge, si bien qu’une recette pouvait recommander de cuire un plat pendant le temps nécessaire pour dire trois fois le Notre Père.

Vers midi, les gens faisaient généralement une pause et prenaient leur repas principal – souvent une soupe ou un ragoût. Leur alimentation pouvait inclure de l’agneau et du bœuf, ainsi que du fromage, du chou, des oignons, des poireaux, des navets et des fèves. Le poisson, en particulier le poisson d’eau douce, était également apprécié. Chaque repas comportait du pain.

La bière et le vin faisaient partie intégrante des repas. Selon nos critères, les paysans buvaient beaucoup, bien que le taux d’alcool de la bière et du vin soit inférieur à celui des boissons actuelles. Ils s’octroyaient souvent une sieste avant de retourner aux champs. Le soir, ils prenaient un repas léger, parfois seulement du pain, et passaient un moment à socialiser.

Ils se couchaient quelques heures après la tombée de la nuit, si bien que la durée de leur sommeil dépendait de la saison. En moyenne, ils dormaient environ huit heures, mais pas d’un seul tenant. Ils se réveillaient après un « premier sommeil », priaient, faisaient l’amour ou discutaient avec les voisins pendant une demi-heure à deux heures, puis retournaient se coucher pour environ quatre heures supplémentaires.

Les paysans ignoraient l’intimité telle que nous la concevons ; toute la maisonnée partageait souvent une seule grande pièce. Les parents faisaient l’amour tandis que leurs enfants dormaient à proximité. Les couples mariés partageaient un lit, et l’un de leurs jeunes enfants pouvait dormir avec eux, bien que les nourrissons aient des berceaux. Les enfants plus âgés dormaient souvent à deux par lit.

Un Noël médiéval

La vie n’était certes pas facile. Mais les périodes de repos et de loisirs dont ils bénéficiaient étaient enviables. Aujourd’hui, [aux États-Unis, (NDT)] beaucoup de gens commencent à penser à Noël après Thanksgiving, et l’esprit des fêtes s’éteint généralement dès le début janvier. Au Moyen Âge, cela aurait été impensable.

L’Avent commençait avec la fête de Saint Martin. À l’époque, elle avait lieu 40 jours avant Noël ; aujourd’hui, c’est le quatrième dimanche avant la fête. Pendant cette période, les chrétiens occidentaux respectaient un jeûne ; moins strict que celui du Carême, ils limitaient la consommation de viande et de produits laitiers à certains jours de la semaine. Ces règles symbolisaient non seulement l’absence et le désir, mais elles permettaient aussi de rationner la nourriture après la fin des récoltes et avant que les viandes ne soient complètement salées ou fumées.

Noël lui-même était synonyme de festins et d’ivresse – et durait près de six semaines.

Le 25 décembre était suivi des 12 jours de Noël, qui se terminaient avec l’Épiphanie le 6 janvier, commémorant la visite des Mages à Jésus, Marie et Joseph. On échangeait des cadeaux, souvent sous forme de nourriture ou d’argent, bien que cela se fasse plus couramment le jour de l’An. Les gibiers à plumes, le jambon, les tourtes à la viande et les vins épicés figuraient parmi les mets populaires, les épices étant censées réchauffer le corps.

Bien que Noël célèbre officiellement la naissance de Jésus, il était clairement associé à des fêtes préchrétiennes mettant l’accent sur le solstice d’hiver et le retour de la lumière et de la vie. Ainsi, les feux de joie, les bûches de Noël et les décorations d’arbres faisaient partie des festivités. Selon la tradition, Saint François d’Assise a créé la première crèche en 1223.

[En Angleterre (NDT)] Noël se terminait lentement, le premier lundi après l’Épiphanie étant appelé le « Plough Monday » (« lundi de la charrue ») car il marquait le retour au travail agricole. La fin complète de la saison avait lieu le 2 février – date de la Chandeleur – qui coïncide avec l’ancienne fête païenne d’Imbolc. Ce jour-là, on bénissait les bougies pour l’année à venir, et toute décoration laissée en place risquait, selon la tradition celte, d’être infestée de gobelins.

Aujourd’hui, beaucoup se plaignent du stress des fêtes : achats, trajets, cuisine, ménage et toute une foule d’obligations. Et la fenêtre pour tout accomplir est particulièrement réduite : Noël est le seul jour férié. C’est pourquoi, moi, je rêve d’un Noël médiéval.

Associate Professor, Department of HIstory, University of Dayton

19:55 Publié dans Actualité, Moyen âge, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moyen age, noel | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook |