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22/09/2017

Macron veut mettre l’histoire au pas du roi

Grégory Marin, L'Humanité

macronbern.jpgLa nomination de Stéphane Bern pour « sauver le patrimoine en péril » et la leçon d’histoire erronée de Macron sur l’édit de Villers-Cotterêts suscitent la colère des historiens.

Emmanuel Macron n’a décidément pas de chance avec les ordonnances. Lors d’un déplacement au château de Monte-Cristo, au Port-Marly (Yvelines), à l’occasion des Journées du patrimoine, il a défendu celle de Villers-Cotterêts, signée en 1539 par François Ier, affirmant devant des élèves de CM2 que cet « acte fondateur de notre identité » avait obligé ses sujets à abandonner les langues régionales au profit du seul français. Une instrumentalisation de l’histoire aussitôt épinglée par de nombreux historiens.

Le président partage avec Stéphane Bern une admiration pour la royauté

C’est le présentateur de télévision Stéphane Bern, ami du chef de l’État récemment nommé par lui « Monsieur Patrimoine », qui l’a lancé, estimant que le texte a « fait du français la langue officielle ». Le président, qui partage avec lui une admiration pour la royauté, a alors complété : « On est tous français alors qu’on parlait tous des patois un peu différents. Et notre pays, il s’est fait par la langue », a-t-il expliqué aux enfants. « Parce qu’à ce moment-là dans son château, le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans son royaume devaient parler français. »

Première à s’émouvoir de cette fraude, l’historienne Mathilde Larrère, l’une des « détricoteuses » de contre-vérités historiques pour Arrêts sur images, ironise sur le « vive le roi » du chef de l’État et sa « mésinterprétation » « Rien à voir avec une lutte contre le patois », explique-t-elle sur le site d’Arrêts sur images. « L’édit (autre nom de l’ordonnance que Macron n’utilise pas, pour des raisons conjoncturelles que l’on comprendra – Ndlr), c’est surtout une étape dans l’imposition du pouvoir royal. »

En fait « l’édit royal » n’attaque pas les langues régionales, mais consacre dans son article 111 « le langage maternel françoys » comme référence pour les actes juridiques. Comme les textes de 1490 sous Charles VIII, qui parlent de « langage français ou maternel » ou celui de 1510 sous Louis XII qui demande que les procès se déroulent en « vulgaire et langage du pais ». Il s’agit essentiellement de faire du français la « langue du droit », afin de permettre à la population de comprendre la justice, rendue jusque-là… en latin. Car réduire son utilisation était aussi une manière de réduire l’influence de l’église, ce que n’évoquent ni Stéphane Bern ni Emmanuel Macron.

Détournement de l’histoire et attachement au pouvoir central

« Ce que vous tentez d’attribuer à François  Ier… c’est la Révolution qui l’impose », poursuit Mathilde Larrère. Car avec cette sortie pour le moins malvenue, les deux complices en détournement attribuent en effet au roi une volonté de faire peuple commun qui n’a existé qu’avec la Révolution française, œuvre poursuivie par la République qui, après celles de la loi, a unifié les procédures de l’administration et de l’enseignement.

Cette tirade résume à elle seule la « pensée complexe » d’Emmanuel Macron : détournement de l’histoire, attachement au roi et au pouvoir central et dénigrement d’un acquis révolutionnaire. On y lit aussi un mépris pour les patois, alors souvent seule langue parlée par les Français les plus modestes. Or, l’édit ne se limitait pas, ont tranché maints juristes, à la seule langue française, mais, selon plusieurs lectures, étendait sa protection à toutes les langues maternelles du royaume. On comprend qu’outre les historiens, la sortie macro-bernienne de dimanche ait aussi provoqué l’ire des défenseurs du breton, de l’occitan et d’autres « patois » dénigrés par le président de… la République.

13/05/2017

1795, un système du « juste milieu » où il ne faut plus parler de politique est né. En marche arrière vers l’extrême centre

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L'Humanité, Pierre Serna Historien, directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, université Paris-I

Un ami démocrate tunisien qui en a vu d’autres me disait hier : « La France était au bord du gouffre, avec le nouveau président elle va faire un grand pas en avant. » J’ai ri… jaune. Puis je lui ai raconté une autre histoire, celle de la France, depuis la suppression de Robespierre jusqu’au putsch militaire de Bonaparte entre 1794 et 1799.

À cette époque, effarés par la place que prennent les forces populaires dans la politisation du pays et leur volonté de démocratisation, les députés dits « modérés », réformateurs, qui veulent arrêter la Révolution, mettent en place une stratégie en trois temps. Première étape : il faut sortir de la violence dite populacière et outrancière comme le disent les gens de bien. Pour cela, il faut stigmatiser et traiter de façon systématique d’« extrémistes qui se touchent » et sont complices, les royalistes et les jacobins, bonnets rouges et bonnets blancs, mis dans le même sac, qui souhaiteraient le chaos pour la France et que refusent les gens modérés, autoproclamés boucliers de la république.

Ces derniers, disqualifiant la saine colère de ceux qui ont faim et qui ont lutté pour fonder la république, désirent désormais une langue politique tournée sur la morale, mais plus de politique… qui divise, selon eux, le pays. Il ne faut parler que des affaires, des réformes, la seule révolution envisageable est économiquement libérale, comme d’autres ne parlent que de révolution…. numérique.

En renvoyant dos à dos, les républicains qui continuent le combat radical de la démocratisation de la vie politique et les contre-révolutionnaires qui détestent l’héritage des Lumières, les prétendus raisonnables bricolent un centre politique, agrégat du ventre mou de la Convention, des conservateurs de tout poil voulant les avantages de leurs propriétés acquises grâce à la Révolution mais point le partage de leurs richesses accumulées rapidement, sans oublier les crypto-monarchistes ralliés à un régime qui se fige dans un ordre sécuritaire par la répression des ouvriers au printemps 1795. Un système qui ne dit pas son nom du « juste milieu » est né. Il ne faut plus parler de politique. D’ailleurs, il n’y a plus de citoyens. Les « honnêtes gens », comme ils s’appellent eux-mêmes, veulent faire disparaître ce terme fort en inventant un mot, les « mitoyens », hommes et femmes au centre, sans idées politiques, tout à leur travail, à leur famille, et à… l’Europe, conçue déjà comme un vaste marché.

Deuxième étape de cette volonté masquée d’un retour en arrière : affaiblir le pouvoir législatif par la construction d’un pouvoir exécutif très fort, hors de toute proportion de ce que peut supporter un régime de libertés. Ce sera dans la constitution de l’an III, l’édification du Directoire et sa capacité à gouverner par des décrets, des textes, formes d’ordonnances et de 49-3 que l’on nous promet désormais.

Dans cette perspective de renforcement du pouvoir exécutif, évidemment la police joue un rôle essentiel. Pour la première fois en France est créé en 1795 un ministère de la police et si les citoyens ont droit à la sécurité – qui l’a jamais remis en cause parmi les démocrates ? –, cette police traque sans relâche les militants de la veille, truffant ses espions partout, n’hésitant pas à monter parfois des pseudo-conspirations pour faire plonger les démocrates dérangeants.

Pendant ce temps, l’armée des jeunes généraux ne cesse de prendre de l’importance dans des opérations extérieures en Italie, en Égypte… Troisième temps : le « girouettisme » des hommes politiques comme mode de recomposition de l’espace politique. La vertu des citoyens et l’invariabilité des principes sont des valeurs quelque peu pénibles et dépassées, au temps du pragmatisme libéral de la nouvelle république de 1795. Il faut oublier et réunir tous les députés peu regardants, les professionnels de la politique, qui, oubliant « leur saine colère » d’avant, se rallient tous azimuts pour se construire un entre-soi, et expliquer que la politique est trop compliquée pour les petites gens. Évidemment si des experts de la société civile veulent apporter leurs compétences pour construire cette république recentrée, ils seront bienvenus.

Premièrement, modération idéologique entre gens bien élevés, et disqualification de la colère contre l’injustice, par le jeu de la moquerie ou du mépris de ceux qui s’expriment simplement et qui sont renvoyés irrévocablement à leur « extrémisme ». Deuxièmement, construction d’un pouvoir exécutif implacable tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et recherche d’un jeune chef, sans passé et ambitieux pour incarner cette république d’ordre et de vieux conservatisme. Et troisièmement, recomposition du monde politique par arrangement dans un centre qui accueille la gauche molle et fatiguée et la droite timorée et bourgeoise.

Bien sûr, c’est une histoire passée qui commence en 1795 et se termine quatre ans plus tard par le coup d’État militaire de Bonaparte, général félon ayant abandonné son armée en Égypte mais soutenu par toute une bourgeoisie dominante affolée de voir les forces démocratiques se reconstituer. De la vieille histoire… J’ai proposé d’appeler cette période de l’histoire de France celle de la naissance de « l’extrême centre ».

macron,révolution française,centre

C’était en 2005 lorsque le vote démocratique des Français contre la constitution ultralibérale de l’Europe avait été nié par les dominants d’alors. Pourtant, en ce 7 mai 2017, en écoutant le discours du nouveau président, avec son ordre moral de retour, sans évoquer une vraie politique sociale autrement qu’en se fendant d’une phrase sur les « plus démunis », prêchant le ralliement à tout-va, à droite et à gauche, remerciant chaleureusement le président Hollande, responsable de la catastrophe à peine évitée, et déjà annonçant des mesures prises par son gouvernement, mais avec quelle majorité démocratique ?

Mon ami tunisien m’a dit, non sans malaise, que cela ressemblait fortement… à de « l’extrême centre ». Je ne lui ai pas donné tort. Nous n’avons plus ri du tout. Je redoute que ce soit en plus. Une vaste marche… en arrière !

Par Pierre Serna Historien, directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, université Paris-IAuteur de la République des girouettes. 1789-1815 et au-delà. Une anomalie politique : la France de l’extrême centre. éditions Champ Vallon, 2005.

retour dans le futur

En 1795, l’assignat s’échange contre du métal à 8 % de la valeur inscrite sur le billet en mars. La récolte médiocre enchérit encore le pain à l’automne. Les thermidoriens prennent des mesures : la vente publique sur le marché est rendue obligatoire (22 juillet).

02/11/2016

SOURCE DE LA BURQA

burqa.jpgLa burqa (en pachto, برقع), parfois orthographié burqua, ou plus rarement bourka1, est un voile intégral d'origine afghane porté par les femmes principalement en Afghanistan, au Pakistan et en Inde.

Selon les pays, le port de la burqa est soit un choix personnel, soit une obligation stricte. Cette tenue vestimentaire est essentiellement portée dans les pays de religion musulmane. Les spécialistes de l'Islam sont en désaccord sur les liens entre le Coran et la burqa. Une partie d'entre eux soulignent que le Coran n'impose aucune tenue vestimentaire particulière, mais plutôt d'être vêtu de façon modeste.

En France, le mot a été utilisé improprement par des politiques et journalistes au cours du débat sur la légalité du port du voile intégral islamique, le niqab, comme synonyme de ce dernier. Le niqab laisse les yeux visibles alors que la burqa moderne intègre une grille ou un voile léger destiné à masquer le regard. Cette burqua moderne est une invention récente qui a été imposée par les talibans en Afghanistan dans les années 1990 et qui s'est ensuite répandue parmi les mouvements salafistes les plus radicaux2,3. En Turquie, le président Atatürk, qui voulait construire un pays fort selon le modèle occidental, ne pouvait s'en préoccuper ; en revanche, il a fait des tentatives pour lutter contre le port du niqab pour les femmes et du fez pour les hommes4.

Sources Wikipédia

Origine historique de la Burqa !!

Il serait bon de rappeler ceci aux porteuses de Burqa actuelles, peut-être qu'elles se vêtiraient autrement. La Burqa vient du Culte d'Astarté dans la Mésopotamie antique.

Pour honorer la déesse de l'Amour Physique, toutes les femmes sans exception devaient se prostituer une fois l'an dans les bois sacrés qui entouraient les temples de la déesse.Pour ne pas être reconnues, les femmes de la haute société prirent l'habitude de se voiler totalement.

Et n'oubliez pas ceci : Mustapha Kemal, alias Atatürk, 1er président de la Turquie, de 1923 à 1938, avait trouvé la bonne astuce pour clouer le bec aux intégristes de l'époque.

Il avait mis un terme au port de la burqa, en faisant une loi toute simple, avec effet immédiat, toutes les femmes turques ont le droit de se vêtir comme elles le désirent. Toutefois, toutes les prostituées doivent porter la burqa. Dès le lendemain, on ne voyait plus de burqa en Turquie.

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12:36 Publié dans Monde, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : burqa, origine, histoire | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook |