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12/07/2015

Ils ont été fusillés d’avoir voulu vivre libres

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28 mars 1944, après avoir combattu dans le maquis de Valveron, ces jeunes hommes de la commune de Saint-Eugène (Saône-et-Loire) vont être assassinés par l’occupant nazi.
Photo : Lapi/Roger-Viollet
 
"Les Fusillés, 1940-1944", dictionnaire sous la direction 
de Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, 
Thomas Pouty et Delphine Leneveu. L’ouvrage est hors normes : un dictionnaire comportant 4 425 biographies publiées 
sur… 1 952 pages ! Fruit de huit ans de travail, 111 auteurs ont participé à cette œuvre colossale.

Morts pour la France, la justice, la dignité et la liberté. Qui étaient-ils ? Grâce à un travail de mémoire salutaire, la réponse devient vive. La lecture de ces milliers de biographies ravive leur combat. Ils ne sont pas morts pour rien. La bête immonde a été vaincue. Combat colossal. L’ouvrage est hors normes. Fruit de huit ans de travail, 111 auteurs y ont contribué. Claude Pennetier, qui a codirigé les équipes, en souligne toute la portée : « Les fusillés occupent une place à part dans notre mémoire collective. Ils participent au grand mythe de la Résistance, au sens de vision collective génératrice d’action. La dimension exemplaire ne doit pas pour autant cacher l’épaisseur humaine et la ­complexité des itinéraires. »

De nombreuses rencontres prévues 
avec les auteurs dans toute la France

Le dictionnaire propose l’histoire sociale des fusillés. Il fallait pour que « cette entreprise éditoriale un peu folle » se concrétise le concours d’un éditeur et de nombreux partenaires. Bernard Stephan, directeur des éditions de l’Atelier, met l’accent sur une responsabilité liée à l’actualité : « Le passé n’est pas définitivement passé.

Nous voulions répondre en écho à la phrase de Georges Pitard, fusillé au Mont-Valérien le 20 septembre 1941 : “L’avenir nous redonnera la place qui nous convient.” A l’heure où un essai fait la part belle à Pétain, ce travail établit que le régime de Vichy a permis que des milliers d’opposants résistants soient fusillés. » Le projet, à l’initiative de l’historien Jean-Pierre Besse disparu au cours de sa ­réalisation en 2012, était de rédiger les biographies des exécutés (pour la plupart fusillés) par condamnation en France occupée.

Ce travail s’est alors tout naturellement inscrit dans la ­dynamique du Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social. Un grand nombre de ces victimes, plus de la moitié, peuvent être considérées comme des militants liés à des syndicats, des partis, des associations : syndicalistes, militants communistes, socialistes, chrétiens, issus du sport ouvrier, nombreux étrangers des FTP-MOI, etc.

Bien qu’un grand nombre de collectivités locales aient tenu à donner le nom de fusillés à des voies et lieux publics, de nombreux suppliciés demeurent encore dans l’ombre. Le mérite de ce dictionnaire est d’engager partout ce travail de mémoire.

De nombreuses rencontres autour de sa parution et en présence des auteurs vont se ­dérouler aux cinq coins du pays.

La première c'est tenue à l’Hôtel de Ville de Paris, grâce au soutien de la mairie et de la maire adjointe adjointe communiste Catherine Vieu-Charrier.

Autre initiative, celle de Nicolas Bonnefoix qui, en publiant un témoignage (Jean-René, fusillé le 11 août 1942, éditions de l’Atelier), rend hommage à son arrière-grand-père, Jean-René, et qui a reçu l’appui de la ville d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). « Ce passé de l’héroïsme surgit dans le présent comme imaginaire. Nous en avons un besoin politique et culturel vital, mais encore faut-il asseoir ce passé sur une connaissance historique solide », précise Claude Pennetier.

Outre les fusillés suite à une condamnation, un ensemble de biographies concernent les femmes exécutées hors de France et un autre est consacré aux morts sous la torture et suicidés. Et l’historien d’ajouter : « L’impôt du sang par fusillade est bien plus élevé, avec sans doute 20 000 exécutés et massacrés. » Au total, la répression peut être évaluée à 30 000 morts. Les notices des exécutés et fusillés sommaires seront publiées sur le site Maitron en ligne (code numéro d’accès dans le dictionnaire papier). Un site Internet verra le jour d’ici la fin de cette année du 70e anniversaire de la Libération.

"Les Fusillés, 1940-1944", dictionnaire sous la direction 
de Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, 
Thomas Pouty et Delphine Leneveu. Éditions de l’Atelier. 1952 pages, 30 euros.

Pierre Chaillan, L'Humanité
 
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09/06/2015

"Une vie de résistante, 
Marie-Claude Vaillant-Couturier"

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"Une vie de résistante, 
Marie-Claude Vaillant-Couturier", de Gérard Streiff. Marie-Claude Vaillant-Couturier, rescapée d’Auschwitz, témoin 
à Nuremberg, militante communiste.

Quand elle entre dans la salle du procès des dirigeants nazis à Nuremberg le 28 janvier 1946, Marie-Claude Vaillant-Couturier aimante tous les regards. Cette belle et grande femme blonde aux yeux bleus, plutôt que s’avancer vers la barre où le président du tribunal vient de l’appeler, se dirige droit vers les bancs des accusés.

Plantant ses yeux dans ceux des dignitaires nazis, cette femme sortie de l’enfer concentrationnaire sept mois auparavant défie les responsables de la solution finale. Avec elle, est entré dans cette salle le « terrible cortège de tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres » (1).

À la barre, elle apostrophe les responsables nazis : « Regardez-moi car, à travers mes yeux, ce sont des centaines de milliers d’yeux qui vous regardent, par ma voix, ce sont des centaines de milliers de voix qui vous accusent. »

Par cette scène initiale, Gérard Streiff ouvre une biographie rapide et bien enlevée de cette communiste hors du commun à l’usage des jeunes lecteurs. Autant dire que, en suivant les pas de Marie-Claude Vaillant-Couturier, on arpente le monde du XXe siècle. Photographe, journaliste, militante infatigable, pacifiste et féministe, élue communiste, elle a voyagé de par le monde et traversé les classes sociales.

Issue de la bourgeoisie éclairée, elle rejoint les rangs des révoltés refusant les inégalités. Difficile avec un tel personnage, dans un texte si court, de ne pas verser dans l’hagiographie. L’auteur y parvient en refusant de l’enfermer dans la légende, mais en décrivant une femme « unique, engagée, habitée par la passion politique, d’une incroyable vitalité, élégante et discrète, humble mais tenace, simple et altière à la fois. Une sorte d’aristocrate rouge qui semble sortie d’un roman de Jean Vautrin ».

Marie-Claude Vaillant-Couturier n’entrera pas au Panthéon en ce mois de mai, François Hollande ayant choisi d’autres personnalités pour féminiser un peu ce temple républicain si masculin. À lire ce portrait, on comprend qu’il a fait une erreur. Raison de plus pour encourager sa lecture par les plus jeunes.

(1) Discours d’André Malraux pour l’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin.
 
Une vie de résistante, 
Marie-Claude Vaillant-Couturier, de Gérard Streiff. Oskar Éditeur, 78
pages, 9,95 euros
 
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16/04/2015

VOUS VAINCREZ, MAIS VOUS NE CONVAINCREZ PAS !

unamu.jpgUnamuno (de) Miguel : Le philosophe basque Miguel de Unamuno était recteur de l'Université de Salamanque quand éclata la rébellion militaire en juillet 1936.

D'abord favorable au mouvement phalangiste, l'opinion d'Unamuno évolua au cours des premiers mois. Il prit en horreur, selon ses propres termes, "le tour que prenait cette guerre civile, vraiment horrible, du fait d'une maladie mentale collective, une épidémie de folie, avec un fond pathologique".

Unamuno mourut le coeur brisé, le dernier jour de 1936.


Le 12 octobre 1936, "Jour de la Race", une cérémonie eut lieu dans le grand amphithéâtre de l'Université de Salamanque, en zone nationaliste.

Au fond de l'amphithéâtre, quelqu'un lança la devise de la Légion Etrangère : Viva la Muerte !

Tous les yeux étaient maintenant fixés sur Unamuno. Il déclara :
"Il y a des circonstances où se taire, c'est mentir. Car le silence peut être interprété comme un acquiescement".
"Je viens d'entendre un cri nécrophile et insensé : Vive la Mort ! Et moi, qui ai passé ma vie à façonner des paradoxes qui ont soulevé l'irritation de ceux qui ne les comprenaient pas, je dois vous dire en ma qualité d'expert, que ce paradoxe barbare est pour moi répugnant".
"Cette université est le temple de l'intelligence. Et je suis son grand prêtre. C'est vous qui profanez cette enceinte sacrée."

"Vous vaincrez parce que vous possédez plus de force brutale qu'il n'en faut. Mais vous ne convaincrez pas. Car, pour convaincre, il faudrait que vous ayez des arguments. Or, pour cela, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la Raison et le Droit avec vous."
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